Lors de ma formation au coaching en 2006, lorsque j’ai entendu le terme de Burnout, j’ai tendu l’oreille. J’ai choisi d’en faire le thème de mon mémoire et de mettre la souffrance au travail au cœur de mon travail d’accompagnement de particuliers et d'entreprises
En aérospatiale, le moment où une fusée, après avoir trop rapidement brûlé tout son carburant, retombe au sol, est appelé burnout. C’est ce phénomène qui a donné son nom au syndrome d’épuisement émotionnel au travail.
Le syndrome d’épuisement émotionnel touche les personnes qui ont tout donné au départ, en croyant leurs capacités illimitées (illusion de supériorité). Face aux blocages, aux échecs, aux « grains de sable » (comme le manque de signes de reconnaissances positifs à leur égard par exemple), elles n’ont pas su gérer la frustration de ne pas être à la hauteur de leur idéal.
Le burnout touche les passionnés qui se fixent des buts très ambitieux, et s’engagent beaucoup dans leur entreprise, leurs projets, leurs équipes. Il est particulièrement répandu dans les métiers qui nécessitent d’avoir une flamme intérieure et dans lesquels la réussite de l’action dépend des capacités relationnelles (médecins libéraux, personnel soignant, travailleurs sociaux, enseignants, animateurs, agents commerciaux, avocats commis d’office, thérapeutes, personnel pénitentiaire, travailleurs sociaux..).
Il frappe surtout les personnes les plus dynamiques, reconnues comme compétentes, et les plus dévouées. Il est multiforme, peut mettre plusieurs années à se manifester, et il est très dévastateur (le terme burnout signifie « brûlure intérieure »)
Il est quasi exclusivement d’origine professionnelle.
Comment détecter le burnout ?
Tout d’abord grâce à un test (le MBI) que je peux vous fournir sur simple demande adréssée ici
Les signes avant-coureurs à observer sont :
Des palpitations
Des mains moites
Des suées
Une consommation accrue de tabac, alcool, tranquillisants
Une émotivité exacerbée
Ces signes mènent à une fatigue chronique, à un stress pathologique.
Les conséquences médicales, une fois ce stade de stress intense atteint, peuvent être les suivantes :
Ø état de fatigue anormale et persistante, irrécupérable même le week-end
Ø céphalées chroniques
Ø difficultés de concentration et troubles éventuels de la mémoire
Ø troubles du sommeil
Ø troubles musculo-squelettiques
Ø troubles gastro-intestinauxØ augmentation des concentrations sanguines en cholestérol, triglycérides ou acide urique.
Ø inflammations conduisant à l’athérosclérose et au diabète de type 2
Ø problèmes cardio-vasculaires
Les symptômes psychologiques observables sont les suivants :
Ø des changements d’attitudes et de comportements. Ainsi, l’idéalisme des personnes sujettes au burnout s’exprimera par des comportements positifs dans un premier temps (engagement très fort dans leur mission). Puis, quand l’idéalisme fera place au cynisme, la résistance à la frustration et à l’échec va aller en diminuant, et les personnes deviendront irritables, agressives, et développeront une sensibilité exacerbée. C’est pourquoi, à titre de prévention, certaines attitudes doivent être canalisées (car elles représentent des facteurs de risque). Il s’agit d’implication excessive, d’idéalisme, de perfectionnisme, de refus de l’échec.
Ø La baisse d’intensité dans les émotions ressenties (qu’elles soient positives ou negatives)
Ø La dévalorisation de soi
Ø Une remise en question de sa vie en général
Ø Un rapport à l’environnement très froid
Si l'on compare la France à des pays tels que la Suisse ou encore la Belgique, on constate que la prise en charge de l'épuisement émotionnel au travail (ou burnout) a pris un retard considérable :
. Pas de reconnaissance en tant que maladie professionnelle
. Une détection de la maladie par les médecins du travail encore très inégale (ils ne savent pas tous ce qu'est le burnout).
Les choses ont cependant l'air d'évoluer sous la houlette de notre Ministre du Travail Xavier BERTRAND (voir aticle du Monde du 12 Mars 2008). Le processus sera long, mais au moins devons-nous reconnaître qu'il est enclenché.
EN GUISE DE CONCLUSION : QUEL LIEN ENTRE HARCELEMENT MORAL ET BURNOUT ?
Je pense que dans les deux cas, sont en cause des facteurs liés à l'environnement, et des facteurs liés à la personne touchée. Dans le cas du harcèlement, il y a une personne dite "pervers narcissique" qui en détruit une autre. Dans le cas du burnout, c'est plus un système qui est en cause. Du côté de la victime, dans les deux cas, il s'agit d'une personne compétente, qui s'investit beaucoup, et ne sait pas dire STOP ou NON .
"Le harcèlement moral existe depuis toujours. Je n’ai rien inventé, précise la psychiatre et psychanalyste. Simplement, en travaillant sur la dépression et le suicide, j’ai constaté que les agressions psychologiques – et la perte d’estime de soi qui s’ensuit – pouvaient conduire à la mort. C’est ce processus de destruction, très stéréotypé, que j’ai voulu mettre en évidence. J’ai choisi de me placer du côté de la victime. J’ai toujours trouvé que la psychanalyse négligeait le contexte pour ne s’intéresser qu’à la dimension intrapsychique – c’est-à-dire aux failles des patients –, ce qui la conduit à postuler le masochisme de la victime. Or on ne peut pas dire qu’un enfant trouve son compte dans les sévices qu’il subit, ni une femme victime de viol, ni un salarié agressé par un patron pervers. D’ailleurs, lorsqu’au prix d’un immense effort ils parviennent à se séparer de leur harceleur, ils ressentent une immense libération. Parce que la souffrance en tant que telle ne les intéresse pas, ce qui les différencie des masochistes. La thérapie familiale, quant à elle, se penche sur l’environnement mais s’intéresse davantage au système qu’aux individus, et se refuse à désigner un agresseur et un agressé. Quant à la victimologie, elle aide seulement les victimes d’agressions physiques. Il fallait donc panacher les approches et proposer une nouvelle grille de lecture. Il me semble que la démarche analytique n’est pas indiquée d’emblée. La fameuse neutralité de l’analyste n’est pas toujours bienveillante. Elle peut être vécue comme une agression supplémentaire, dans la mesure où le travail d’introspection engloutit la victime dans le sentiment de culpabilité qui, déjà, la fige. Je penche donc, dans un premier temps, pour une approche plus interactive. Réconforter la victime, lui signifier qu’elle a subi une agression, qu’elle peut, le cas échéant, en référer à la justice, etc. Cela lui permet de se décharger du poids de la culpabilité pour commencer à se reconstruire. Dans un second temps, l’analyse pourra lui permettre de mobiliser ses ressources afin de se prémunir, à terme, contre une nouvelle agression. Quels sont les efforts restant à fournir ? Premier point : la vigilance. Il faut refuser la complaisance, réaffirmer des valeurs de dignité et de respect inscrites dans la Déclaration des droits de l’homme. On peut, de façon collective, dire : " Ce que vous faites là n’est pas tolérable. " Le deuxième point, c’est la formation de médiateurs sur les lieux de travail. Des groupes de réflexion se forment au sein des entreprises, et c’est encourageant. Ce que je conseille aux victimes, c’est de faire en sorte d’aller bien pour pouvoir se défendre, donc de consulter un thérapeute. J’interviens beaucoup actuellement pour en former sur cette question spécifique. Pour l’avenir, Christophe Dejours et moi-même sommes d’accord sur la nécessité de mettre en place des consultations de psychopathologie du travail : des lieux de soin et d’orientation extérieurs à l’entreprise, où pourraient intervenir de façon pluridisciplinaire des psychologues, des médecins du travail, des juristes… Où ? Avec quels financements ? Tout cela reste à déterminer. "
Pour en savoir plus sur le harcèlement moral, je vous renvoie au livre de Marie France Hirigoyen qui reste la référence dans ce domaine à mon sens.
Je vous le livre une interview de cette dernière : Propos recueillis par Laurence Lemoine en 1999."
Rappelons tout d’abord que le burnout est un processus d’usure long et insidieux. Souvent l’entourage en prend conscience avant la personne touchée qui, elle, refuse de sortir de la méconnaissance, et ne voit pas ce qui lui saute aux yeux. Personne ne se retrouve usé du jour au lendemain, et c’est ainsi que l’on s’accommode du phénomène.